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Élise

Flûte alto

Flûte alto

Le désert. Avec quelques oasis, la nuit. Elle entre dans la nuit par des sentiers silencieux. S’habitue à sa propre absence. Elle réclamait le désert et la solitude autrefois. Il n’y a pas si longtemps quand les huit enfants et le mari étaient à la maison. Elle disait, ils sont à la maison et pensait quelque chose comme, ils sont encore en moi. Ce qui la prenait à la gorge et l’étouffait. Comme elle est venue tard ma solitude ; mon voyage au désert après tant de départs… Vieillir. Toutes ces mortes, tous ces morts avant soi… L’impression d’être une abeille maintenant, qui participe au bourdonnement de la ruche. Autrefois, elle se démarquait. Maintenant, tout ce qui se remarque la heurte. Elle entre dans l’a-nonymat. Dans l’in-nommée. Elle entend toutes les voix qui ne sont pas du chœur s’éteindre. Elle chante les yeux ouverts. Sait les partitions par cœur. Ne semble pas avoir peur du torrent, de l’appel du vent, du loup, de la vie, de la mort qui n’ont plus rien à voir avec le fait qu’elle-même soit vivante. Qu’elle l’ait été longtemps. Élise a trouvé, vers la limite de son temps, l’état que cherchent les méditants. Le moment suspendu entre l’inspire et l’expire.

Je suis très impressionné – et rassuré – qu’il y ait là de la musique.

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Classé dans Chansons murmurées, Chœur, Soprani