Archives de Catégorie: Soprani

Élise

Flûte alto

Flûte alto

Le désert. Avec quelques oasis, la nuit. Elle entre dans la nuit par des sentiers silencieux. S’habitue à sa propre absence. Elle réclamait le désert et la solitude autrefois. Il n’y a pas si longtemps quand les huit enfants et le mari étaient à la maison. Elle disait, ils sont à la maison et pensait quelque chose comme, ils sont encore en moi. Ce qui la prenait à la gorge et l’étouffait. Comme elle est venue tard ma solitude ; mon voyage au désert après tant de départs… Vieillir. Toutes ces mortes, tous ces morts avant soi… L’impression d’être une abeille maintenant, qui participe au bourdonnement de la ruche. Autrefois, elle se démarquait. Maintenant, tout ce qui se remarque la heurte. Elle entre dans l’a-nonymat. Dans l’in-nommée. Elle entend toutes les voix qui ne sont pas du chœur s’éteindre. Elle chante les yeux ouverts. Sait les partitions par cœur. Ne semble pas avoir peur du torrent, de l’appel du vent, du loup, de la vie, de la mort qui n’ont plus rien à voir avec le fait qu’elle-même soit vivante. Qu’elle l’ait été longtemps. Élise a trouvé, vers la limite de son temps, l’état que cherchent les méditants. Le moment suspendu entre l’inspire et l’expire.

Je suis très impressionné – et rassuré – qu’il y ait là de la musique.

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Classé dans Chansons murmurées, Chœur, Soprani

Bea

Quelque part en elle brûle un feu qui ne la consume pas. Apparemment. Parfois, sans même le vouloir, elle laisse une trace calcinée de son passage. Bea semble traverser la vie comme un purgatoire. En attendant d’être soulagée à la fin. Il arrive que les êtres à qui l’affection des autres ferait le plus de bien sont ceux qui se laissent le moins facilement approcher.

Il n’y a pas de « profil » de choriste. Tout le spectre, tout l’attirail, toute la gamme de l’humanité.

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Marie-Thérèse

Trompette

Trompette

Marie-Thérèse est absente des répétitions du lundi depuis deux semaines. Son petit-fils, dix-huit ans, s’est suicidé il y a vingt jours. Trouvé pendu dans sa chambre. Sans un signe, sans un signal paraît-il.

La grand-maman, ne sait sans doute plus où donner de la voix, du cœur, de l’âme. Elle garde chez elle depuis bien des années, un enfant malade, un mari malade ; elle-même a bien du mal à se déplacer. Même se tenir debout lui est pénible. Les concerts lui semblent longs. Ses jours doivent présentement lui sembler interminables. C’est vrai que nos vies, quand un proche nous est ravi trop jeune, nous semblent longues et peut-être aussi fréquemment mal vécues.

Nous n’avons pas encore pensé à lui communiquer notre tendresse.

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